Ligue des communautés canadiennes sobres en carbone (LC3) 

Les centres LC3 ont tous un même mandat, mais ils sont présents dans des villes et des régions différentes et ont donc à traiter avec des défis et des possibilités différents. Voilà qui confère toute leur valeur à ce partenariat mixte et à la nature collaborative du réseau LC3. Bien qu’ils soient autonomes, les centres partagent l’information et apprennent les uns des autres, de façon à progresser en s’appuyant sur ces expériences et sur ces connaissances.   

Les centres LC3 investiront leurs dotations dans le double but d’optimiser les résultats et d’obtenir un taux de rendement ajusté selon le risque, ce qui leur permettra d’investir dans des possibilités locales susceptibles de produire des résultats en venant à bout d’obstacles, en complément au FMV et à d’autres programmes financés par le gouvernement fédéral. L’intention est d’accélérer l’adoption de solutions peu polluantes à l’échelle des grandes villes.  

Le dernier exercice a aussi été l’An 1 du réseau LC3. Tous les centres, sauf un, ont ratifié leurs ententes de financement respectives, et ils ont mis sur pied les systèmes, la gouvernance, les processus et les outils dont ils ont besoin pour un fonctionnement efficace. Sous la supervision du conseil du FMV et, par-delà, du conseil d’administration de la FCM, une évaluation de l’état de préparation a été menée afin de vérifier que chaque centre a tout en main pour accomplir son travail. Voici la situation des centres à ce jour :   

  • Le Climate Innovation Fund, parrainé par l’Alberta Ecotrust Foundation (AEF), a été lancé et chargé de soutenir deux centres LC3, soit à Calgary et à Edmonton.  
  • Le Halifax Climate Investment, Innovation and Impact Fund (HCi3) a été incorporé en tant que filiale d’EfficiencyOne.  
  • Le Fonds climat du Grand Montréal (FCGM) a été incorporé spécifiquement dans le but de remplir le mandat LC3 dans la Communauté métropolitaine de Montréal.  
  • Le Fonds d’action climatique d’Ottawa (FACO), incubé par la Fondation communautaire d’Ottawa, a été lancé à Ottawa.  
  • L’Atmospheric Fund (TAF) a fourni un soutien de premier plan durant les négociations des ententes et a commencé à investir afin d’optimiser les résultats dans la Région du grand Toronto et d’Hamilton.  
  • L’Université Simon Fraser a été choisie pour soutenir l’établissement et le lancement du Zero Emissions Innovation Centre (ZEIC), lequel agira à titre de centre LC3 pour l’agglomération de Vancouver. Ce nouvel organisme est en voie d’incorporation et sera lancé à l’automne 2021.  

 

En 2020-2021, le FMV a transféré 155 millions de dollars de la dotation globale de 177 millions de dollars accessible aux centres. Seul le centre LC3 de l’agglomération de Vancouver n’a pas reçu sa dotation. À l’automne 2020, le TAF a entrepris l’étude de demandes de financement et l’affectation de fonds à des projets, et les autres centres le suivent de près dans ces activités. Nous prévoyons que tous les centres, sinon la plupart, auront lancé leurs programmes d’ici 2021-2022.   

Le réseau LC3 est appuyé par le FMV. Celui-ci, en tant que bureau national LC3, coordonne les services communs et assure un soutien en renforcement des capacités et en partage de connaissances, en plus de produire les rapports prescrits au gouvernement du Canada sur les activités et les résultats des centres. Les centres ont donc tout le loisir de se concentrer sur des projets propices, soit des projets présentant non seulement un potentiel de réduction d’émissions de carbone considérable, mais susceptibles également de faire avancer la prospérité économique, l’équité, la résilience et le bien-être communautaire.  

Le réseau LC3 a élaboré un cadre de théorie du changement afin d’orienter les objectifs des programmes et de concevoir l’approche requise pour obtenir les avantages escomptés. Ce travail, entrepris en 2020-2021, sera achevé en 2021-2022. La mise en œuvre de ce cadre différera légèrement d’un centre à un autre, mais elle sera guidée par deux objectifs généraux : en premier lieu, le potentiel de réduction d’émissions de carbone en s’appuyant sur les principes d’échelle et le cheminement d’élargissement qui peut soutenir une adoption à pleine échelle; et ensuite, dans quelle mesure un projet donné est conçu pour produire plusieurs avantages en s’appuyant sur les principes d’équité, afin de garantir une conception équitable et la répartition des coûts et des avantages d’un tel projet. Les projets seront évalués à l’aide de ce cadre, en se basant sur leur impact potentiel à pleine échelle et non pas en tant que projets ponctuels ou projets pilotes. En raison de cette approche, il pourrait arriver que certains projets ne produisent pas immédiatement de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES), mais qu’ils aient d’abord pour effet de jeter les bases de changements systémiques. Le réseau LC3 a aussi élaboré une approche et une méthodologie de quantification des émissions de GES en se fondant principalement sur la méthode du TAF.  

Les centres LC3 auront recours à un éventail d’approches pour stimuler les résultats, dont les investissements d’impact, les subventions, les programmes stratégiques, le réseautage et la collaboration, les partenariats et la représentation des intérêts. Par ailleurs, le cadre utilisé est assorti d’indicateurs sur le secteur en général, et ceux-ci feront l’objet d’un suivi continu au moyen d’enquêtes régulières sur les tendances afin de bien saisir l’impact du travail des centres LC3. Ces indicateurs de succès sont en voie d’élaboration conformément aux pratiques internationales relatives aux activités de réduction des émissions socialement équitables. De plus, un cadre de mesure du rendement et un processus d’évaluation et de suivi de l’évolution seront mis au point en 2021-2022 afin de suivre et d’évaluer l’impact de ce travail au fil du temps.  

Le réseau LC3 a été lancé à un moment charnière, soit alors qu’on assiste dans le monde à un mouvement pour s’attaquer aux changements climatiques d’une perspective socialement équitable, et c’est donc dire que la tâche est énorme. Chaque centre LC3 s’emploie à susciter une mobilisation multisectorielle dans sa ville, en faisant des démarches actives auprès d’organismes axés sur l’équité dans le but de cerner de possibles champs d’action communs et de cibler les aspects où ses ressources peuvent avoir le maximum d’impact.  L’un des principes clés du modèle LC3 est de mettre à profit les efforts et les ressources des divers centres pour catalyser les possibilités en éliminant les obstacles et en soutenant les facteurs clés, en prenant soin de ne pas dédoubler le travail d’autres intervenants. Définir ce créneau a fait partie des grands défis qu’il a fallu relever cette année, mais cela a aussi permis de cerner d’intéressantes possibilités.  

Le réseau LC3 et la pandémie  

Il n’y a aucun doute que les réussites du réseau LC3 cette année sont attribuables à un large groupe de personnes intelligentes, tenaces et dévouées qui ont investi tout le temps et l’énergie nécessaires pour concrétiser ce réseau. Paradoxalement, la pandémie a fait ressortir bon nombre des forces inhérentes du réseau LC3, grâce à l’appui des divers conseils d’administration et comités, du comité LC3 du conseil du FMV et des deux groupes de travail composés de spécialistes chevronnés qui ont prodigué leurs conseils pour mettre au point la théorie du changement et la méthodologie de quantification des GES du réseau. Nous leur sommes grandement reconnaissants pour leur expertise, leurs bons conseils et les heures innombrables passées en vidéoconférences.   

Indiscutablement, rien ne vaut les interactions face à face pour nouer des liens. Dans les circonstances, tout a dû se faire à distance, mais cela n’a pas empêché le réseau de négocier une feuille de modalités multilatérale, de signer six ententes de financement, de transférer 155 millions de dollars, de lancer ses centres et de présenter les responsables des centres LC3. Voilà qui témoigne de l’esprit de collaboration du réseau, et de sa détermination à s’attaquer aux changements climatiques dans les villes canadiennes.  

Leçons retenues (et partagées) 

Le TAF se penche sur ses expériences passées afin d’en tirer des enseignements pouvant être adaptés dans le dessein de toujours s’améliorer et atteindre des rendements supérieurs. Ces enseignements sont partagés et intégrés dans la théorie du changement ainsi que dans le cadre de mesure du rendement du réseau LC3, de façon à tirer parti de l’incroyable somme de résultats tangibles qu’a réussi à produire le TAF au cours de ses 30 ans d’existence.  

Voici un extrait du rapport du TAF : En 2020-2021, le TAF a examiné trois de ses principaux projets (TowerWise, Impact Investing et TransformTO) afin d’approfondir sa connaissance des cheminements qui mènent à l’élargissement des solutions dans le domaine du climat. Les cinq conclusions suivantes découlent de cet examen et serviront à façonner notre approche d’élargissement dorénavant :   

  • Établir les points déterminants. Investir afin de comprendre les éléments en évolution qui influent sur l’action climatique que nous souhaitons, et cerner les interventions les plus susceptibles de les favoriser que nous pouvons faire en tenant compte de nos outils et de notre capacité.  

  • Acquérir la polyvalence du couteau suisse. Miser sur une collaboration et une expertise interéquipes et interfonctionnelles afin de produire des résultats supérieurs. 

  • Se positionner stratégiquement. Tirer parti de l’évolution des normes sociales, de la diffusion des technologies, de la santé publique, du bien-être communautaire, des forces économiques et des autres forces qui captent l’attention politique afin de créer des cheminements vers des cadres réglementaires de grande durée en matière de climat.  

  • Prendre des risques. Évaluer les risques acceptables que nous devrions prendre pour atteindre nos objectifs les plus ambitieux.  

  • Tracer et retracer la voie. Examiner les étapes des programmes et des campagnes, évaluer en continu et appliquer les leçons retenues en corrigeant le tir régulièrement. 

Outre ces réflexions résultant de l’analyse axée sur l’élargissement des solutions par le TAF, celui-ci a aussi produit de riches enseignements par suite de son travail d’opérationnalisation de la dotation du gouvernement du Canada et de soutien des activités de transfert du savoir au sein du réseau LC3. Voici quelques leçons clés qui se sont dégagées de ces efforts : 

  • Transformer les exigences en remises en question. Extraire la plus grande valeur de gestion possible des nouvelles exigences de reddition de comptes. Dans certains cas, par exemple, les données exigées par la FCM ont mené à une meilleure gestion du risque organisationnel du TAF, à l’amélioration de ses structures générales de gouvernance et au suivi de nouveaux indicateurs permettant de soutenir le succès du programme. 

  • Établir de nouveaux systèmes à double vocation. Les exigences de reddition de comptes fédérales imposées au TAF ont nécessité de nouveaux processus et gabarits pour assurer le suivi de données sur les projets qui n’avaient pas été recueillies auparavant. Autant que possible, nous avons cherché à établir de nouveaux systèmes en les intégrant à des systèmes existants. Cela a permis de réduire le suivi et les rapports supplémentaires – et à simplifier nos approches courantes dans certains cas.   

  • Aller vite en prenant son temps. Dans le développement du nouveau partenariat LC3, les centres doivent investir le temps voulu pour saisir leurs défis, leurs possibilités, leurs risques et leurs priorités respectifs, démontrer leur confiance et leur fiabilité et s’initier à d’autres façons de travailler ensemble. En cultivant un esprit commun d’empathie et de réciprocité, nous pouvons bâtir sur cette assise pour accomplir de grandes choses ensemble.  

  • Aborder l’action locale d’une perspective nationale. Tous les centres LC3 sont guidés par un même mandat, mais ce mandat peut se manifester de façon très différente d’une ville à une autre. Nous continuons d’en apprendre davantage sur le contexte politique, culturel et économique dans lequel chaque centre évolue, et sur la façon de mettre à profit ces renseignements pour en tirer les leçons et les résultats les plus profitables pour le réseau. 

Définir l’orientation 

Le Climate Innovation Fund (CIF) de l’Alberta Ecotrust Foundation (AEF) s’est servi des travaux réalisés avec le réseau LC3 afin d’établir la théorie du changement et la méthodologie de quantification des GES dans l’élaboration de ses critères de sélection des projets, de sa grille d’évaluation et de son calculateur d’émissions de carbone et de retombées bénéfiques. Une première application de ces outils a permis de constater que l’accélération de la réduction des émissions urbaines à Calgary et à Edmonton exigera une bonne dose d’innovation, des reproductions rapides et une transformation socioéconomique. Pour assurer son succès, le CIF devra donc jouer un rôle de catalyseur tout en veillant à cibler ses efforts afin de stimuler des réductions d’émissions à grande échelle à l’aide de ses fonds restreints durant les dix prochaines années et au-delà. Les partenariats et l’apport de bailleurs de fonds (co-investisseurs) seront cruciaux à sa réussite. Le projet inaugural en incubation qui est résumé ci-dessous réunit de nombreux éléments de la théorie du changement et fait ressortir la puissance des partenariats et du financement ciblé.   

Redéfinir la norme : captage et utilisation avancés des émissions de carbone dans les bâtiments 

Vers la fin de la période, l’équipe du Climate Innovation Fund de l’AEF a entrepris l’incubation d’un projet avec l’entreprise CleanO2™. La technologie mise en application dans ce projet s’appelle CARBiN-X™. Elle se présente sous forme d’accessoire attaché à des chaudières alimentées au gaz naturel. Le dispositif CARBiN-X™ élimine le dioxyde de carbone (CO2) à la sortie de la chaudière et le convertit en carbonate de potassium (pearl ash), un composé stable qui s’accumule dans le dispositif. L’entreprise CleanO2™ recueille et utilise ce carbonate de potassium pour en faire du savon. Le dispositif CARBiNX™ capte et réutilise aussi de la chaleur pour réduire la quantité de gaz naturel requise pour chauffer l’eau consommée dans le bâtiment. Le projet vise à installer, en 2021-2022, de deux à quatre de ces dispositifs dans des bâtiments appartenant et exploités par des organismes de bienfaisance ou à but non lucratif. Ce projet a pour objectifs de recueillir des données sur cette technologie afin de faciliter l’expansion de cette entreprise innovante de Calgary et de soutenir les recherches en cours pour développer des dispositifs CARBiN-X™ carboneutres. De plus, les retombées bénéfiques et les indicateurs d’équité seront explorés étant donné que ce projet cible uniquement des organismes de bienfaisance et à but non lucratif. Le projet permettra en outre de vérifier les processus d’analyse de rentabilité du CIF, et est régi par une entente tripartite novatrice prévoyant l’essai d’un modèle de récupération financière.